La création d’une auto-entreprise, aujourd’hui appelée micro-entreprise, passe par une déclaration de début d’activité faite en ligne sur le guichet unique des formalités d’entreprise. Une fois le dossier validé, l’INSEE attribue un numéro Siret et un code APE, qui permettent de facturer en règle. Cet article suit les étapes dans l’ordre : conditions, pièces à réunir, déclaration, identifiants, cotisations et premières obligations.
Qui peut créer une auto-entreprise
Le régime est ouvert à la plupart des personnes qui veulent exercer une activité indépendante, sous réserve de conditions d’âge et de situation administrative, notamment pour les ressortissants étrangers. Il se cumule en général avec un emploi salarié, des études ou une allocation, ce qui en fait un moyen de tester une activité sans quitter sa situation actuelle.
Avant de se lancer, il faut aussi vérifier que l’activité prévue relève bien du régime. Certaines professions en sont exclues et doivent choisir une autre forme d’entreprise. Pour trouver une idée compatible, consultez les métiers adaptés au statut d’indépendant.
Préparer son dossier avant la déclaration
Rassemblez une pièce d’identité, une adresse où l’activité sera domiciliée et une description précise de ce que vous allez vendre ou proposer. Cette description compte plus qu’il n’y paraît : elle détermine le code APE et la nature de l’activité, commerciale, artisanale ou libérale.
Cette nature fixe ensuite les taux de cotisations, les plafonds de chiffre d’affaires et les obligations d’inscription. Une activité mal décrite oblige à corriger le dossier après coup.
C’est aussi le moment de choisir entre l’imposition classique et le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, détaillé plus bas.
Déclarer son activité sur le guichet unique, étape par étape
La démarche se déroule en ligne, en quelques étapes :
- Créer un compte sur le guichet unique des formalités d’entreprise, avec une adresse e-mail valide.
- Remplir le formulaire de déclaration de début d’activité : identité, adresse, description de l’activité, date de démarrage.
- Joindre les justificatifs demandés et signer la déclaration sur l’honneur de non-condamnation.
- Valider le dossier, qui est transmis aux organismes concernés.
Des sites payants proposent de faire cette déclaration à votre place. Ils ne sont pas obligatoires : la démarche se fait directement sur le service public, sans intermédiaire.

Siret, code APE et attestation : les délais à prévoir
Après validation, l’INSEE attribue le numéro Siret et le code APE de l’entreprise. Le délai varie selon la charge des services : comptez de quelques jours à plusieurs semaines, et surveillez votre messagerie, car les identifiants y sont envoyés.
Tant que le Siret n’est pas reçu, mieux vaut ne pas émettre de facture. L’entreprise est ensuite inscrite au registre national des entreprises, ce qui rend son existence officielle.
Cotisations, impôt et plafonds de chiffre d’affaires
Les cotisations sociales se calculent sur le chiffre d’affaires réellement encaissé, avec un taux qui dépend du type d’activité. Sans chiffre d’affaires sur une période, il n’y a pas de cotisation à payer. Les taux en vigueur et l’aide à la création (ACRE) se consultent sur le site de l’Urssaf.
Le régime est limité par des plafonds annuels de chiffre d’affaires hors taxes. Pour les revenus 2026, ils sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Une activité mixte cumule un plafond global et un plafond propre à chaque activité. Si votre activité grossit, pensez à la rentabilité d’une petite activité avant d’atteindre ces limites.

Pour l’impôt, deux voies existent. L’imposition classique applique un abattement forfaitaire au chiffre d’affaires : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations commerciales et 34 % pour les activités libérales. Le versement libératoire remplace cela par un pourcentage du chiffre d’affaires : 1 % pour le commerce, 1,7 % pour les autres activités commerciales et 2,2 % pour les activités libérales.
Le versement libératoire est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous un seuil, par exemple 29 579 € pour une personne seule. La demande se fait auprès de l’Urssaf avant le 30 septembre de l’année précédant son application, ou dans les 3 mois suivant la création.
Les obligations dans les premières semaines
Un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires dépasse un certain montant. L’ouvrir dès le départ évite de mélanger dépenses personnelles et professionnelles.
Il faut aussi déclarer son chiffre d’affaires à l’Urssaf à rythme mensuel ou trimestriel, même quand il est nul. Les factures doivent porter les mentions obligatoires, et un livre des recettes tient la liste des encaissements. Pour ne pas perdre de temps au moment des déclarations, appuyez-vous sur les conseils de gestion des tâches administratives et sur un bon classement des documents de l’entreprise.
Selon le métier, une assurance professionnelle peut être exigée. Vérifiez ce point avant le premier client, car il conditionne parfois l’accès à certains chantiers ou marchés.
Le dossier se règle donc en une soirée, mais les déclarations à l’Urssaf reviennent à chaque échéance, y compris les mois sans vente. Les mettre dans l’agenda dès le jour de la création évite les pénalités de retard.

